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Deux siècles et demi d’histoire

 En quatre dates

Madame Necker
- 1778 - Suzanne Necker, épouse du ministre des Finances de Louis XVI, crée rue de Sèvres un hôpital consacré à la médecine et à la chirurgie de l’adulte.

- 1802 - La Maison des Orphelins devient L’hôpital des Enfants Malades. Ses 250 lits sont réservés aux malades de moins de 15 ans jusqu’alors hospitalisés avec les adultes.

- 1926 - Une même direction est donnée à l’Hôpital Necker et à l’Hôpital des Enfants Malades, contigus depuis plus d’un siècle.

- Aujourd’hui - Fort de son histoire exceptionnellement riche en découvertes scientifiques et en progrès médicaux, l’hôpital Necker-Enfants Malades est devenu un établissement hospitalo-universitaire de référence dans de multiples spécialités. Toutes ses unités cliniques sont appuyées sur des unités de recherche et un plateau technique complet et de haut niveau. Aujourd’hui encore, le pôle adulte coexiste avec le pôle enfants.

papillon rose

 L’Hôpital Necker, précurseur en hygiène hospitalière

Paris est triste en 1778 Un homme sur cinq est miséreux. La durée moyenne de vie humaine ne dépasse pas trente ans. Des milliers de gens quittenr leur campagne pour trouver des jours meilleurs à Paris. Les deux hôpitaux de la capitale L’Hôtel-Dieu et La Charité sont encombrés de malheureux qui viennent y mourir.

Ouverture d’un hospice Inquiet de l’état des finances du royaume et de la répétition des émeutes, Louis XVI a donné depuis deux ans la direction du Trésor Royal à un banquier genevois, Jacques Necker. Son épouse, Suzanne, se met en rapport avec le curé de la paroisse Saint-Sulpice. Une communauté de Bénédictines installée au Jardin de l’Olivet, rue de Sèvres, s’éteignait faute de recrutement. Le 1er juin 1778, un bail est passé entre le curé de Saint-Sulpice et l’économe des biens du monastère, et 42 000 livres prélevées sur le fonds de la loterie royale permettent d’aménager un hospice dans les vestiges du couvent. Il s’agit de « L’Hospice de Santé ou Infirmerie de la Paroisse Saint-Sulpice à Paris », placé sous la responsabilité conjointe du curé et de Suzanne Necker.

Les règles d’hygiène Madame Necker conçoit son hôpital avec des critères d’hygiène d’avant-garde (pour l’époque). Seulement 120 malades couchés dans 120 lits sur deux étages, des ventilateurs à chaque extrémité pour compenser la faible hauteur des plafonds, des instruments de cuisine en cuivre et un médecin présent nuit et jour. Dans un premier temps, ces progrès ne suffisent pas à diminuer la mortalité et à mieux soigner qu’ailleurs, la médecine n’ayant fait en définitive aucun progrès significatif depuis le temps d’Hippocrate.

L’hôpital passe sous le contrôle de l’Etat en 1792 et devient L’Hospice de l’Ouest. En 1802, il est rebaptisé Hôpital-Necker.

Petit à petit, les choses changent : René Laennec invente stéthoscope à Necker en 1816. Armand Trousseau y exerce de 1839 à 1846, au début de sa carrière. La clinique étant née, l’ère de l’instrumentalisation médicale peut commencer. Pierre-Carl Edouard Potain met au point à Necker un sphygmomanomètre qui permet de mesurer la pression artérielle.

L’urologie est aussi née dans cet hôpital avec Jean Civiale qui réalise la première lithotritie chez l’homme, Antonin_Jean Désormeaux qui invente le premier endoscope, Jean Casimir, Félix Guyon et Joachim-Marie Albarran qui fondent la clinique urologie.

 L’Hôpital des Enfants Malades : inventeur de la pédiatrie

La paroisse Saint-Sulpice a été sous l’Ancien Régime la plus riche et la plus généreuse de Paris.

À côté du Jardin de l’Olivet, le vaste domaine situé entre les rues de Sèvres et de Vaugirard est loué depuis 1724 par le curé qui gère un petit hôpital pour indigentes et un pensionnat pour jeunes filles nobles sans fortune. La Révolution chasse les indigentes et les jeunes filles. Jusqu’à cette époque, la compassion concerne plus les adultes que les enfants. Au siècle des Lumières, on est habitué à la mort néonatale et infantile. A la porte des asiles, des tourniquets recueillent anonymement les petits malades abandonnés, et les enfants sont mêlés aux adultes sans tenir compte du diagnostic ou du sexe.

La réorganisation des Hôpitaux de Paris conduit à créer en 1802, dans les murs de l’ancien pensionnat, un « Hôpital des Enfants Malades », d’abord destiné aux garçons, puis ouvert aux filles.

Au XIXe , la tradition pédiatrique s’affirme progressivement en suivant l’essor de la biologie : les petits malades contagieux sont isolés, les maladies aiguës et chroniques sont distinguées et l’hygiène respectée. Par ailleurs, les enfants ne sont plus abandonnés. Des religieuses puis des infirmières laïques secondent les médecins.

Dès son ouverture, L’Hôpital des Enfants Malades compte plusieurs centaines de lits (plus de 600 en 1850). Jean-Louis Baudelocque, Joseph Grancher, Antonin Marfan, Robert Debré, fondateur d’une puissante école pédiatrique s’y succèdent, tant en clinique médicale qu’en pédiatrie chirurgicale.

Entree Necker

 A Necker : 2 sièces de premières médicales

- deux siècles de premières médicales

- 1802 : premier établissement pédiatrique au monde
- 1816 : invention du stéthoscope et 1re auscultation (René Laennec)
- 1824 : réalisation de la 1re lithotritie chez l’homme (Jean Civiale)
- 1859 : 1re opération sous anesthésie hypnotique (E Azam, P Broca, E Follin et A Velpeau)
- 1880 : mise au point du sphygmomanomètre pour mesurer la pression artérielle (Edouard Potain)
- 1893 : Le serum antidiphtérique mis au point à Pasteur est administré à 300 enfants hospitalisés à Necker (A Chaillou)
- 1896 : 1er cabinet de radiologie (Pr. Lannelongue)
- 1920 : conception d’un appareil d’anesthésie à inhalation de vapeurs d’éther qui sera utilisé jusqu’aux années 60 (Louis Ombredanne)
- 1940 : introduction de la recherche à l’hôpital. Cette démarche annonce la création des centres hospitaliers universitaires (CHU) avec la réforme hospitalo- universitaire de 1958 et l’essor du futur INSERM (Pr Robert Debré)
- 1952 : 1re greffe rénale au monde (Pr. Hamburger)
- 1960 : 1re chaire de génétique (Pr. Lejeune)
- 1971 : 1re greffe de moelle en enceinte stérile (Pr. Griscelli)
- 1972 : Création du SAMU de Paris (Pr Cara)
- 1987 : 1re greffe intestinale sur un enfant (Prs Pellerin et Révillon, Ricour et Goulet)
- 1990 : localisation du gène de l’amyotrophie spinale (Pr. Frézal, Pr.Munnich)
- 1994 : 1re greffe foie et grèle réalisée en Europe (Prs Révillon et Goulet)
- Avril 2000 : 1er succès mondial d’une thérapie génique dans le traitement du déficit immunitaire héréditaire. Guérison de plusieurs bébés bulle (Pr. Cavazzana-Calvo, Pr. Fischer)
- Mai 2000 : un vaccin thérapeutique contre les formes graves d’infection par l’hépatite B mis au point par une équipe de l’hôpital est test pour la 1re fois en France (Pr Barthelot)
- Septembre 2000 : 1re mondiale en cardiologie pédiatrique avec l’implantation sans geste chirurgical d’un stent équipé d’une prothèse valvulaire biologique (Pr. Kachaner)
- Novembre 2000 : 1re naissance après un diagnostic préimplantatoire (DPI) en collaboration avec l’hôpital Antoine Béclère (Pr Dumez)
- Janvier 2002 : mise au point de la première méthode de dépistage d’une maladie génétique à partir d’une une simple prise de sang chez la future mère. Puis mise au point d’une technique permettant de repérer les cellules tumorales circulant dans le sang (Pr. Paterlini)
- 2006 : mise en évidence de nouvelles mutations responsables du diabète néonatal et d’une nouvelle forme de diabète de type 2 chez l’adulte. Une découverte qui permet de traiter certains diabètes avec des comprimés. (Pr Polak)

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